La fonctionnalité Optimisation de puissance souscrite vous permet de calculer quelle optimisation tarifaire est possible pour chacun de vos compteurs généraux d’électricité. Ce calcul est principalement basé sur votre consommation de l'année précédente et du TURPE. Cet article détaille le fonctionnement du calcul opéré par la plateforme. 

Définition de la puissance souscrite et principe d'optimisation

La fonctionnalité Optimisation de puissance souscrite calcule, pour chacun de vos compteurs généraux d'électricité, quelle optimisation tarifaire est possible. Le calcul s'appuie sur votre consommation de l'année précédente et sur le TURPE en vigueur (TURPE 7, mis à jour au 01/08/2026).

La facture d'électricité se décompose en trois parties :

  • La fourniture : les kWh consommés.

  • L'acheminement : le coût du transport et de la distribution.

  • Les taxes : taxes spécifiques à l'électricité et TVA.


L'algorithme agit sur l'acheminement et les taxes, qui dépendent des données de contrat, des données de consommation et du TURPE. Toutes ces informations sont récupérées auprès d'Enedis pour un compteur donné.

La puissance souscrite (PS) est la valeur de puissance maximale autorisée pour un compteur sur une plage horotarifaire. Plus elle est élevée, plus l'acheminement est cher ; mais la dépasser déclenche des coûts de dépassement (CMDPS). L'optimisation consiste donc à trouver l'équilibre entre ces deux effets, en supposant que le site consommera exactement comme l'année précédente.

En BT > 36 kVA et en HTA, les puissances souscrites doivent respecter PHPH ≤ PHCH ≤ PHPE ≤ PHCE : un contrat qui ne respecte pas cette croissance n'est pas souscriptible et n'est donc jamais proposé.


Calcul du coût d'acheminement


L'acheminement se décompose en composantes, toutes recalculées pour chaque contrat testé.


Composante

Dépend de

Formule

Composante de gestion (CG)

Contrat du compteur

Terme fixe annuel

Composante de comptage (CC)

Contrat du compteur

Terme fixe annuel

CS – part fixe

Puissances souscrites

b₁ × P₁ + Σᵢ₌₂ bᵢ × (Pᵢ − Pᵢ₋₁)

CS – part variable

Puissances appelées

Σᵢ cᵢ × Eᵢ

CMDPS

Puissances appelées et souscrites

voir section suivante

Pour la part variable, l'énergie est reconstituée à partir de la courbe de charge : la somme des puissances d'une plage i est divisée par 6 pour convertir les kW en kWh, puis multipliée par le coefficient cᵢ.


Acheminement = part fixe + part variable + CMDPS.

Deux éléments s'y ajoutent :

  • Contribution tarifaire d'acheminement (CTA) : taux en vigueur appliqué à la part fixe totale, quel que soit le contrat.

  • Taxe sur la consommation finale d'électricité (TCFE) : désormais intégrée à l'accise sur l'électricité. Les montants TCFE affichés sont donc nuls.


La part fixe du contrat est la somme CG + CC + CS part fixe. La part variable est la part variable de la CS.


Composante mensuelle des dépassements (CMDPS) en BT > 36 kVA


En BT > 36 kVA, la CMDPS est proportionnelle à la durée de dépassement, pas à son amplitude. C'est la différence majeure avec la HTA.

CMDPS = 12,79 * h

où h est la durée de dépassement de la puissance apparente souscrite, en heures, calculée pour chacune des plages temporelles du mois considéré (TURPE 7 au 01/08/2026 ; le coefficient est réindexé chaque année).

Un dépassement de 1 kVA pendant une heure coûte donc exactement autant qu'un dépassement de 200 kVA pendant une heure. Ce qui pilote le coût est le nombre d'heures passées au-dessus du seuil.


Comment la plateforme détermine h

  1. Sur chaque pas de 10 minutes de la courbe de charge, la puissance apparente appelée est comparée à la puissance souscrite de la plage temporelle correspondante.

  2. Chaque pas en dépassement compte pour 10 minutes, soit 1/6 d'heure.

  3. Les durées sont sommées par plage temporelle et par mois, la CMDPS est calculée mois par mois, puis agrégée sur la période d'analyse.


Ce qui distingue la CMDPS BT > 36 kVA de la CMDPS HTA


 

BT > 36 kVA

HTA

Formule

12,79 × h

Σ 0,04 × bᵢ × √(Σ ΔPᵢ²)

Grandeur pilote

Durée du dépassement

Amplitude quadratique du dépassement

Grandeur comparée

Puissance apparente (kVA)

Puissance active (kW)

Exemple : un site BT > 36 kVA en option CU


Site raccordé en BT > 36 kVA, formule tarifaire Courte Utilisation (CU), contrôle des dépassements sur la puissance apparente. Le contrat actuel souscrit 120 kVA sur les quatre plages. La plateforme propose 96 / 102 / 108 / 120 kVA. Les montants ci-dessous sont illustratifs ; seul le coefficient CMDPS est le coefficient réglementaire.


Étape 1 — CMDPS du contrat actuel (120 kVA partout)


Mois

Pas de 10 min en dépassement

h

CMDPS

Janvier

24

4,0 h

51,16 €

Février

12

2,0 h

25,58 €

Décembre

36

6,0 h

76,74 €

Total

72

12,0 h

153,48 €

Étape 2 — CMDPS du contrat optimisé


Abaisser la PS en HPH multiplie le nombre de pas en dépassement. Chaque plage est comparée à sa propre PS.


Plage

PS proposée

Pas en dépassement

h

CMDPS

HPH

96 kVA

318

53,0 h

677,87 €

HCH

102 kVA

84

14,0 h

179,06 €

HPB

108 kVA

30

5,0 h

63,95 €

HCB

120 kVA

0

0,0 h

0,00 €

Total

 

432

72,0 h

920,88 €

Étape 3 — Comparaison des deux contrats


Composante

Contrat actuel

Contrat optimisé

Écart

CG

290 €

290 €

0 €

CC

254 €

254 €

0 €

CS part fixe

2 180 €

1 034 €

−1 146 €

CS part variable

7 412 €

7 412 €

0 €

CMDPS

153 €

921 €

+768 €

CTA

597 €

346 €

−251 €

Total annuel

10 886 €

10 257 €

−629 €

La part variable est identique dans les deux contrats : la consommation ne change pas, seule la puissance souscrite change.

Lecture

Descendre de 120 à 96 kVA en HPH fait gagner 1 397 € sur la part fixe et la CTA, mais coûte 768 € de CMDPS supplémentaire. Le gain net réel est de 629 €/an.


Périmètre et limites d'interprétation


Seuls les compteurs BT > 36 kVA et HTA sont optimisés. Les compteurs BT ≤ 36 kVA ne le sont pas, pour deux raisons : 

  • Ils disjonctent en cas de dépassement, donc la logique de CMDPS ne s'applique pas

  • Leur courbe de charge est au pas 30 minutes, ce qui introduit une incertitude trop forte.


Les contrats optimisés peuvent proposer un changement de formule tarifaire (CU ↔ LU) mais jamais un changement de niveau de tension : cela supposerait des travaux de raccordement et des coûts qui sortent du périmètre du calcul.

Limites sur la CMDPS :

  • La durée h est estimée, pas relevée. Elle est reconstituée depuis la courbe de charge au pas 10 minutes, alors que la facturation réelle s'appuie sur l'index de durée de dépassement du compteur. Un pic plus court que le pas de mesure est lissé par la moyenne et peut ne pas apparaître. L'estimation issue de la courbe de charge est donc un minorant de la durée réellement facturée, ce qui rend l'économie affichée un maximum.

  • La comparaison se fait en puissance apparente. Un site dont le facteur de puissance se dégrade dépassera plus souvent que ne le prévoit le calcul fondé sur l'historique. À l'inverse, une compensation réactive peut supprimer une grande partie de la CMDPS sans toucher au contrat.



Pour que le calcul puisse être opéré pour vos points de livraison, des règles de paramétrage sont à respecter. Vous pouvez consulter cet article pour les retrouver.